Alors que personne ne connait encore le projet du gouvernement sur la réforme des retraites et ses possibles répercussions sur le système de retraite des avocats, le SAF qui participe activement à la gouvernance de la CNBF, entend rappeler son attachement au principe de solidarité régissant la retraite des avocats, entre les générations et entre les avocats quelques soient leurs revenus.
Avec la profession unie, nous mettrons tout en œuvre pour maintenir ces principes fondamentaux de protection sociale, garantis par une gestion autonome des retraites par la CNBF, parce que :
- Le régime de retraite des avocats est l’un des plus solidaires : le régime de base permet à tous les avocats d’obtenir le même socle de pension, quels que soient les revenus sur lesquels ils ont cotisé ;
- Il prend en compte la spécificité d’une profession pour laquelle les accidents de parcours et les variations de revenus sont courants ;
- Il permet de verser à cotisation identique une pension de base plus importante que celle des autres régimes ;
- Les régimes complémentaires permettent, pour leur part à ceux qui ont plus de revenus, de cotiser plus pour rester fidèles à leur carrière ;
- La caisse gère l’aide sociale, avec l’appui des délégués et des ordres qui connaissent les consoeurs et les confrères, ce que ne pourra pas assurer, par exemple, l’Urssaf ;
- La bonne gestion du régime de retraite par la CNBF permet de faire baisser le coût de gestion, bien inférieur à ceux des autres régimes et des assureurs privés ;
- La caisse dispose de réserves permettant l’équilibre jusqu’en 2083 (et participe ainsi à la solidarité interprofessionnelle).
Aujourd’hui et malgré toutes les imperfections et les critiques qui peuvent être faites, un régime de retraite autonome pour les avocats permet tout à la fois d’assurer l’indépendance de la profession et la solidarité entre nous.
Les projets d’absorption du régime et de mise en place d’un régime par points exclusivement proportionnel aux revenus conduiraient à supprimer nos principes de solidarité, mettre fin à la prise en compte de la spécificité de nos parcours professionnels, augmenter les cotisations tout en réduisant les prestations.
C’est aussi l’indépendance de notre profession qui est questionnée.
Pour préserver ce socle commun, c’est l’ensemble de la profession qui doit se mobiliser.
Monsieur le Président de la Conférence nationale des procureurs généraux, Le SAF a pris connaissance du communiqué de la CNPG relatif à la grève des avocat•es. En premier lieu, vous voudrez bien nous faire savoir quels sont les autres modes d’action à notre disposition — à quelques jours d’un débat au parlementaire initialement favorable au texte. Nous sommes certain•es que les avocat•es modestes qui mettent en péril leur activité pour défendre un idéal de justice seront ravi•es de cesser la grève pour exprimer autrement leurs revendications. En deuxième lieu, nous vous rappellons que le projet de texte a fait l’objet de consultations avec un très grand nombre de professionnel•les de la justice, à l’exception des avocat•es. Depuis de nombreux mois, le conseil national des Barreaux n’a pourtant pas fait mystère du risque d’une opposition collective à l’ensemble de ce texte. Nous n’étions toujours pas formellement consulté•es dans notre diversité, celle-là même qui nous permet d’être force de propositions concrètes. En conséquence, si grève il y a, il nous apparaît qu’elle est en réalité le choix de votre ministre puisqu’il renonce à être le nôtre. En dernier lieu, ce projet de texte devrait susciter une opposition totale de tous et toutes

